Une grande victoire arrachée par les salarié(e)s du 57 !

  • PNG - 423.7 ko
  • PNG - 391.3 ko
  • PNG - 404.2 ko
  • PNG - 397.3 ko
  • PNG - 467.8 ko
  • PNG - 505.1 ko
  • PNG - 524.2 ko
  • JPEG - 53.6 ko
  • JPEG - 61.1 ko
  • PNG - 395 ko

Les 9 salarié(e)s du 57 Bd de Strasbourg qui n’étaient toujours pas régularisés ont enfin obtenu aujourd’hui, 10 avril 2015, leur autorisation de travail !
C’est une totale et magnifique victoire du courage, de la persévérance, et de la solidarité. Le pot fraternel spontané qui vient d’avoir lieu à l’UD a été mémorable !

Et ce n’est pas fini ; nous appelons tous les camarades, tous les soutiens, à participer à un rassemblement le lundi 13 avril, à 18H, au salon du 57 Bd de Strasbourg,pour libérer les lieux, suite à la liberté gagnée.

Nous appelons également tous les camarades, tous les soutiens, à participer à une
réception dans la salle des fêtes de la Mairie du Xème arrondissement, le vendredi 17 avril à 19h.

Nous ne lâcherons rien quant à la plainte pour traite des êtres humains que nous avons déposé avec eux le 6 août 2014 et nous engageons un travail de fond et de longue haleine contre le travail dissimulé dans ce quartier parisien, sous la forme d’un contrat de prévention et de sécurité entre la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, la Préfecture de Police, l’Inspection du Travail et les syndicats.
Pour la Cgt Paris, c’est une première victoire contre ces réseaux illégaux qui exploitent des milliers de femmes et d’hommes tout en s’appuyant sur l’incohérence des lois françaises sur l’immigration qui se succèdent et sont de plus en plus restrictives.

UD CGT Paris, le 10 avril 2015


Après 10 mois de lutte et 8 mois de grève contre les patrons mafieux du quartier Château d’Eau à Paris, les coiffeurs et manucures du 57 Bd Strasbourg ont enfin obtenu vendredi 03 avril l’engagement du Ministère de l’Intérieur et de la Préfecture de Police de leur délivrer à toutes et tous une autorisation de travail afin de pouvoir se reconstruire et trouver un emploi.
Il aura fallu 10 mois de lutte acharnée, d’occupation jour et nuit de leur lieu de travail, une plainte contre le système de Traite des êtres humains qui sévit dans ce quartier de Paris, la dénonciation à visage découvert par les salarié(e)s d’un véritable système mafieux organisé afin de recruter des personnes en situation de vulnérabilité, à des fins d’exploitation, dans des conditions de travail contraires à la dignité humaine, des menaces de mort, des intimidations au quotidien pour qu’enfin l’État se décide à réagir positivement et donner un signal clair aux patrons de Château d’Eau.
Les 9 salarié(e)s qui n’étaient toujours pas régularisés sont convoqués demain, vendredi 10 avril en Préfecture de Police de Paris pour recevoir leur autorisation de travail.
Elles et ils pourront être enfin des salarié(e)s comme les autres, qui cotisent, payent des impôts et font valoir leurs droits. C’est une véritable délivrance pour ces femmes et ces hommes qui pourront enfin sortir d’un système organisé d’exploitation et de Traite des êtres humains.
Ces travailleurs, principalement des femmes, ont mené avec détermination un combat juste pour leur dignité, leurs droits mais aussi pour nos Droits, le Droit plus généralement et le respect de la Loi.
Leur lutte a permis de mettre à jour et dénoncer une zone de Non-Droit qui préfigure ce que souhaiterait le Patronat : des salariés sans droits exploitables et corvéables à merci.
Aujourd’hui, c’est une victoire pour elles et eux mais aussi pour l’ensemble des salariés de France.
Nous ne lâcherons rien quant à la plainte pour traite des êtres humains que nous avons déposé avec eux le 6 août 2014 et nous engageons un travail de fond et de longue haleine contre le travail dissimulé dans ce quartier parisien, sous la forme d’un contrat de prévention et de sécurité entre la Mairie de Paris, la Mairie du 10e arrondissement, la Préfecture
de Police, l’Inspection du Travail et les syndicats.
Pour la Cgt Paris, c’est une première victoire contre ces réseaux illégaux qui exploitent des milliers de femmes et d’hommes tout en s’appuyant sur l’incohérence des lois françaises sur l’immigration qui se succèdent et sont de plus en plus restrictives.
Maintenir pendant 3 ou 5 années des travailleurs sans-papiers dans la clandestinité avant de pouvoir espérer une régularisation, c’est les laisser à la merci des patrons mafieux et des réseaux d’exploitation.
La Cgt Paris remercie les nombreux soutiens qui se sont manifestés autour de ces salarié(e)s et la justesse de leur combat : syndicats, associations, partis politiques, élus, cinéastes, intellectuels, riverains de la Capitale et du 10e arrondissement qui ont contribué activement à cette issue positive.


La bonne nouvelle est arrivée vendredi 3 avril : le Ministère de l’intérieur a annoncé sa décision de régulariser l’ensemble des salarié-es du 57 bd de Strasbourg ! les convocations sont attendues pour mardi 7 avril. D’ici là, l’occupation du salon se poursuit jusqu’à l’obtention des récépissés et La lutte continue concernant notre plainte pour Traite des êtres humains !


Après 8 mois de grève et de révolte contre le système mafieux de Château d’eau, il devient impératif que tous les salarié(e)s du 57 Bd Strasbourg soient enfin protégés par un titre de séjour comme le prévoit la Loi.
Recrutés dans la rue par ceux qui les ont exploités, soumis à des conditions de travail contraires à la dignité humaine constatées par l’inspection du travail, exposés à des produits cancérigènes, asservis par leur situation de vulnérabilité, dépourvus de titre de séjour pour 14 d’entre eux, ils ont osé lever la tête et dire stop à la Mafia qui sévit dans ce quartier de la Capitale.
Malgré les menaces de mort, des intimidations quotidiennes, des violences (dans la nuit du 7 mars, à 4h du matin, un projectile a brisé la vitre de la porte d’entrée du salon de coiffure), ils et elles résistent depuis le mois de mai 2014.
Ils et elles ont osé témoigné à visages découverts dans de nombreux médias, ont pris des risques et ont porté plainte pour « Traite des êtres humains ».
Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve a lui même exprimé son « indignation » le 16 décembre 2014 dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale face à « cette affaire épouvantable où des femmes sont exploitées dans des conditions indignes par des véritables réseaux de la traite des êtres humains ».
Lors d’une réunion le 27 novembre 2014 le cabinet du Ministre nous avait fait connaître sa volonté de trouver une issue positive pour les 14 salariés sans-papiers du salon.
Le 4 mars 2015, la Préfecture de Police nous a fait connaître sa volonté de ne régulariser que 5 de ces salariés au vu de leur temps de présence en France.
Aujourd’hui-même, ces salariés ont été régularisés mais comme nous l’avons dit lors de cette réunion, nous n’acceptons pas cette décision partielle et partiale.
Nous n’accepterons pas que la majorité des salariés qui ont osé se dresser contre un système mafieux, contre un système de Traite retournent dans la clandestinité aujourd’hui.
Il est intolérable que l’on demande à des salariés de subir et supporter, dans le silence, des conditions de travail indignes, inacceptables pendant un certain nombre d’années avant de pouvoir oser se révolter et prétendre à une régularisation.

L’Union Départementale CGT de Paris appelle à un large rassemblement le 31 mars à 17h30 près du Ministère de l’Intérieur (Place Chassaigne-Goyon - Métro St Philippe Du Roule) accompagné d’une demande de rendez-vous auprès de Monsieur Le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.
Nous ne lâcherons rien jusqu’à la protection et la régularisation de nos camarades !


La Préfecture de Police de Paris ne peut plus continuer à fermer les yeux sur la situation de TOUS les salarié(e)s du 57 !

Après 8 mois de grève et de révolte contre le système mafieux de Château d’eau, il devient impératif que tous les salarié(e)s du 57 Bd Strasbourg soient enfin protégés par un titre de séjour.
Recrutés dans la rue par ceux qui les ont exploités, soumis à des conditions de travail contraires à la dignité humaine constatées par l’inspection du travail, exposés à des produits cancérigènes, asservis par leur situation de vulnérabilité, dépourvus de titre de séjour pour 14 d’entre eux, ils ont osé lever la tête et dire stop à la Mafia qui sévit dans ce quartier de la Capitale.
Malgré les menaces de mort, des intimidations quotidiennes, des violences (dans la nuit du 7 mars, à 4h du matin, un projectile a brisé la vitre de la porte d’entrée du salon de coiffure), ils et elles résistent depuis le mois de mai 2014.
Ils et elles ont osé témoigné à visages découverts dans de nombreux médias, ont pris des risques et ont porté plainte pour « Traite des êtres humains ».
Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve a lui même exprimé son « indignation » le 16 décembre 2014 dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale face à « cette affaire épouvantable où des femmes sont exploitées dans des conditions indignes par des véritables réseaux de la traite des êtres humains ».
Lors d’une réunion le 27 novembre 2014 le cabinet du Ministre nous avait fait connaître sa volonté de trouver une issue positive pour les 14 salariés sans-papiers du salon.
Le 4 mars 2015, la Préfecture de Police nous a fait connaître sa volonté de ne régulariser que 5 de ces salariés.
Aujourd’hui-même, ces salariés ont été régularisés mais comme nous l’avons dit lors de cette réunion, nous n’acceptons pas cette décision partielle et partiale.
Nous n’accepterons pas que des salariés qui ont osé se dresser contre un système mafieux, contre un système de Traite retournent dans la clandestinité aujourd’hui.
Nous demandons à Monsieur le Préfet de Police de faire encore un effort et de régulariser les 9 salariés qui sont toujours dépourvus de titres de séjour.
L’Union Départementale CGT de Paris appelle à un large rassemblement le 19 mars à 17h30 Place St Michel (face à la Préfecture de Police de Paris) accompagné d’une demande de rendez-vous auprès de Monsieur le Préfet qui jusqu’à présent ne nous a pas reçu malgré plusieurs sollicitations.
Si d’ores et déjà Monsieur le Préfet de Police refusait de nous recevoir et de de régler la situation de ces 9 salariés, nous appelons à un rassemblement le 31 mars à 17h30 devant le Ministère de l’Intérieur pour demander à être reçus par Monsieur Bernard Cazeneuve.


Depuis le 24 juillet 2014 les 18 salarié-es du 57 bd de Strasbourg sont en grève et occupent le salon de coiffure. Amplifions la solidarité financière et poursuivons le soutien afin que la Préfecture de Paris leur délivre des titres de séjour.

Reportage sur France Culture : Les coiffeuses de Château d’eau :
Au 57 boulevard de Strasbourg, dans le quartier de Château d’Eau à Paris, dix-huit coiffeuses sans papier sont en grève depuis huit mois et occupent leur salon. 6 jours sur 7, de 9h à 23h, elles tressent, tissent, collent des mèches, font les ongles et pour quelques centaines d’euros qui parfois ne leur sont pas payées.
Reportage : Martine Abat
Réalisation : Emmanuel Geoffroy
http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-les-coiffeuses-de-chateau-d-eau-2015-02-17


Intervention de Patrick Picard secrétaire général de l’UD CGT de PARIS à l’occasion de la visite et du soutien de MALAAK SHABAZZ la fille de Malcom X aux salariés du 57 bd de Strasbourg Paris 10eme :

C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que nous vous accueillons Madame SHABAZZ sur ce lieu de travail et de lutte en plein cœur de PARIS.
Ce lieu est occupé par nos camarades depuis le 24 juillet 2014. Par 18 salariés, femmes et hommes, coiffeuses et coiffeurs AFRO et manucure. Elles et Ils sont africaines et africains, chinoises et chinois. Nos camarades ; FATOU, PRECIOUS, AMINATA, AICHA, MADEMBA, COURA, MADINA, AMINATA, MARIAME, MASSANDIE, GUIYUN, SHAO NU, XUE JIAO, ALPHONSE, DANIEL, NOSSA, MING, MAMADI
Depuis des mois, elles et ils se battent pour leur dignité, quel que soit, leur couleur de peau, leur pays d’origine, leur langue apprise dans leur pays lointain. Francophone, anglophone, sinophone.
C’est déjà une formidable victoire que malgré leur différence, leur diversité d’histoire personnelle, elles et ils ont décidé de se battre ensemble, avec depuis le début le soutien de nos structures syndicales CGT à Paris.
Depuis, plusieurs voix les ont rejoints dans leur exigence d’être considéré comme des êtres humains.
Je remercie au nom de toute la CGT, le Conseil Représentatif des Associations Noires d’avoir permis cette rencontre et d’apporter leur soutien à cette lutte exemplaire.
Nous exigeons de l’Etat français, pays de la déclaration des droits de l’homme, qu’il protège ces êtres humains par la délivrance d’un titre de séjour. L’Etat doit les protéger de la folie de ces patrons mafieux des enseignes de coiffures AFRO, qui au nom de l’argent, les exploitent.
Or, les autorités de l’Etat restent encore aujourd’hui totalement sourdes à leurs exigences et ce malgré de nombreuses interventions d’élus de la capitale, conseillers d’arrondissement, de la Mairie de Paris, du Conseil Régional de l’Ile de France et au-delà, de députés de l’Assemblée nationale et du Sénat.
En effet, nos camarades sont vulnérables car elles et ils ne sont pas autorisés à circuler et travailler librement dans ce pays. Les lois françaises concernant les migrants sont inhumaines et nous les combattons.
Ces patrons mafieux, ces lois, ils les connaissent parfaitement et les utilisent pour imposer une véritable servitude d’un autre temps.
La menace quotidienne de l’expulsion, dans leur pays d’origine, où règne notamment la pauvreté et la guerre, leur est souvent brandi pour les faire taire.
Ces patrons mafieux qui n’ont pas hésité à menacer de mort trois militantes et militants qui soutiennent nos camarades. ELIE, MARYLINE et CHRISTINE.
Cette situation inhumaine est connue depuis des années par les autorités chargées de faire respecter l’état de droits.
Depuis des années, en plein cœur de Paris, ces patrons voyous ont installé de véritables zones de non droits humains.
Nos camarades en lutte ont refusé l’intolérable et le 6 aout 2014 avec notre organisation syndicale, nous avons porté plainte pour traite des êtres humains dans le travail, abus de vulnérabilité, faillite frauduleuse.
C’est de l’esclavage moderne.
Certes, nos camarades n’ont pas de chaînes aux pieds, mais les chaînes administratives et patronales ne sont pas moins lourdes et violentes.
Alors oui votre soutien, comme le soutien d’associations, de syndicats de salariés, du collectif des cinéastes, d’intellectuels et de chercheurs, de partis politiques et de leurs élus, est d’une très grande importance.
Cette rencontre d’aujourd’hui est marquée par le sceau de la fraternité, du combat pour l’égalité des droits entre les français et les étrangers, de lutte contre l’exploitation, de la lutte contre le racisme et de la xénophobie.
Ce racisme d’état à des fins d’exploitations, qui s’apparente à un véritable APARTHEID, nous le combattons avec toutes nos forces.
Il y a 50 ans, votre père fut lâchement assassiné, cet humaniste, universaliste, militant des droits de l’homme, vous et nous prolongeons son combat.
De ses multiples interventions, je voulais en citer deux :
Il avait fait référence, lors d’une allocution, à HAMLET de Shakespeare sur cette question toujours d’actualité, être ou ne pas être, votre père avait répondu je le cite « était-il plus noble de supporter les vicissitudes d’une situation révoltante, d’être modérée, ou bien prendre les armes et de lutter pour mettre fin à cette situation ? Ma conviction est qu’il faut se battre car si vous attendez que les responsables y mettent fin, vous attendrez longtemps ! »
Votre père disait aussi « vous n’avez pas à être un homme qui se bat pour la liberté. Tout ce que vous avez à faire est d’être un être humain intelligent ».
Enfin je termine cette intervention, de nouveau en vous remerciant pour votre soutien, en citant Etienne de la Boétie qui en 1548 a écrit le discours sur la servitude volontaire. Je le cite « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : LEVONS –NOUS ! »
OUI chers amis, chers camarades, levons nous ensemble jusqu’à la victoire pour nos camarades et toutes celles et ceux qui subissent cette inhumanité et continuons à nous mobiliser.
Dès demain, à l’occasion de la réunion de la commission nationale de lutte contre le travail illégale, la CGT au niveau national appelle à un rassemblement à 17H00 à proximité de Matignon, métro Varenne.
Je tenais aussi à souligner ce qu’un habitant du quartier a pu dire dans l’article du journal LIBERATION du 10 février 2015.
Je le cite « Dans les salons de coiffures de Château d’Eau, tout le monde y trouve son compte. Cela marche comme un état néo colonial : des propriétaires blancs, des gérants noirs, et des employés sans papiers » cette citation résume parfaitement la situation !
Alors oui, la lutte anticoloniale est un combat d’aujourd’hui et à quelques jours, plus précisément le samedi 14 février 2015, de l’ouverture de la 10éme édition de la quinzaine anticoloniale disons tous ensemble on va gagner ! On ne lâche rien !

Merci de votre attention et en merci encore à MALAAK SHABAZZ fille de MALCOM X
PARIS le 11fevrier 2015



Lettre des salariés du 57 Bd Strasbourg adressée le 20 janvier à Manuel Valls.

Monsieur le Premier Ministre,
Malgré notre situation de vulnérabilité, dépourvus de titre de séjour pour 14 d’entre nous, victimes dans nos pays d’origine, menacés au quotidien par nos patrons, nous avons décidé de lever la tête, sortir de l’ombre, nous battre, depuis huit mois, et dire stop à la mafia qui nous exploite à Château d’Eau.
Nous avons parlé dans les médias à visages découverts, nous avons pris des risques, nous avons subi des pressions, mais nous avons osé porter plainte pour « Traite des êtres humains » et accepté de travailler avec les services de police.
Depuis, certains d’entre nous ont été menacés de mort, tout comme ceux qui nous soutiennent.
Le 26 janvier, à 9h00, se tiendra au tribunal correctionnel de Paris (29e chambre) le procès pour les menaces de décapitation qu’ont reçues trois des militants qui sont auprès de nous depuis le début et qui ont osé, eux aussi, parler dans les médias.
De nombreux soutiens se sont manifestés autour de nous : des intellectuels, des cinéastes, des comédiens, des syndicalistes, des associations, de nombreux élus et partis politiques, des syndicats de policiers, d’inspecteurs du travail, d’agents de la préfecture de police, de magistrats, d’avocats...
De nombreux journalistes se sont intéressés à notre histoire, nous ont entendus avec attention et nous ont invités sur leurs plateaux télés ou radios.
Un film a été réalisé sur notre combat par de grands cinéastes français.
Pourtant, aujourd’hui, nous ne sommes toujours pas protégés par un titre de séjour alors que les textes de loi le prévoient.
Malgré les différences de langue et de culture qui nous séparent et qui ont été volontairement organisées par nos patrons, afin d’éviter toute concertation et toute rébellion, nous avons réussi à nous unir et nous mettre en grève.
Nigérians, ivoiriens, chinois, sénégalais, burkinabés, maliens, guinéens, francophones, sinophones, anglophones, nous avons su dialoguer pour porter ce combat haut et fort pour nos droits mais aussi pour les droits de tous les travailleurs.
Si nous ne recouvrons pas nos droits, si notre voix n’est pas entendue, ce sera une victoire pour les mafias qui nous exploitent et un recul pour les droits de tous les salariés de France.
Si vous acceptez la violence des hommes qui nous disent : « Tu acceptes ces conditions de travail-là ou c’est le trottoir ! », ce sera un recul pour les droits de toutes les femmes.
Si la traite des êtres humains n’est pas combattue en plein cœur de la capitale, ce sera un recul pour les droits de chaque être humain.
Allez-vous entendre notre appel, Monsieur le Premier Ministre ?
Allez-vous dire aux réseaux qui nous exploitent : « STOP ! La France ne vous laissera pas faire ! » ?
Nous avons des compétences en coiffure afro, en manucure.
Protégés par un titre de séjour, nous pourrons enfin nous reconstruire et être des salariés comme les autres avec des droits et des devoirs. Nous pourrons enfin cotiser et ainsi participer concrètement au renforcement et à la pérennisation du système de protection sociale.
Nous sommes des travailleuses et des travailleurs de France !
Nous sommes aussi la France dans toute sa diversité !
Le 28 janvier à 17h30, nous nous rassemblerons avec nos soutiens devant l’Hôtel Matignon.
Nous vous demandons de recevoir une délégation. Notre voix doit être entendue.
Nous ne voulons pas disparaître ! Notre combat est juste !
Les 18 du 57 Bd Strasbourg

Avec le soutien des syndicats : Union Départementale CGT Paris, Union Régionale IDF CGT, Union Locale CGT du 10e, Union Syndicale CGT Commerce de Paris, Fédération du Commerce CGT, Union Locale CGT du 7e, CGT des personnels relevant des services du Premier Ministre, CGT Police Paris, CGT Préfecture de Police de Paris, CGT Educ’Action Administration Centrale, FSU 75, Union Syndicale Solidaires, Syndicats de l’inspection du travail (CGT Travail Emploi Paris, Syndicat National CGT Travail Emploi, Sud Travail Affaires Sociales IDF, SNUTEFE-FSU), Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Union Syndicale de la Psychiatrie, Philippe Martinez (Secrétaire Général de la Fédération de la Métallurgie CGT)
Avec le soutien des organisations : ATMF, Collectif des Travailleurs Sans-papiers de Vitry, Collectif de vigilance Paris 12 pour les Droits Etrangers-RESF, Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, Droits Devant !!, FASTI, FTCR, GISTI, La Cimade IDF, LDH Paris, Le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, MRAP, Réseau Chrétiens Immigrés, RESF, Stop Précarité
Avec le soutien des partis politiques : PCF 10e, PS 10e, Fédération de Paris du PCF, Alternative Libertaire, EELV, Ensemble !, PCF, PG, Front de Gauche Latinos
Avec le soutien des élus :
Jean-Noël Aqua (élu du XIIIe, conseiller de Paris), Eliane Assassi (sénatrice de Seine-Saint-Denis),
Dante Bassino (adjoint au maire du Xe), Julien Bayou (conseiller éégional d’Ile-de-France) Paul Beaussillon (élu du Xe), Hervé Bégué (élu du XIVe, conseiller de Paris), Hélène Bidard (adjointe à la mairie de Paris, chargée de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits de l’homme), Michel Bilis (élu du XIe), Béatrice Bonneau (élue du IIe), Nicolas Bonnet Oulaldj (président du groupe communiste - Front de gauche au Conseil de Paris), Vincent Boulet (adjoint au maire du XIIIe), Ian Brossat (adjoint à la mairie de Paris, chargé du logement et de l’hébergement d’urgence), Marie-George Buffet (députée de Seine-Saint-Denis),
Isabelle Charpentier (élu du XIe), David Cherfa (élu du XIXe), Laurence Cohen (sénatrice du Val-de-Marne), Eric Coquerel (conseiller régional d’Ile-de-France), Emmanuelle Cosse (vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France),
Rémi Féraud (maire du Xe arrondissement de Paris), Jacqueline Fraysse (députée des Hauts-de-Seine),
Fanny Gaillanne (élue du XIXe), Gabriel Gau (adjoint au maire du XIXe), Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice des Hauts-de-Seine),
Delphine Helle (élue de Saint-Denis),
Bernard Jomier (adjoint à la maire de Paris, chargé de la santé),
Pierre Laurent (sénateur de Paris), Dan Lert (adjoint au maire du XIXe), Didier Le Reste (élu du Xe, conseiller de Paris),
Céline Malaisé (conseillère régionale d’Ile-de-France), Marine Malberg (élue du XIe),
Laurence Patrice (élue du XVe), Jean-François Pellissier (conseiller régional d’Ile-de-France), Yves Peschet (élu du IIIe), Christian Picquet (président du groupe Front de gauche au conseil régional de Midi-Pyrénées), Tatiana Poudiot (élue du XIXe), Raphaëlle Primet (élue du XXe, conseillère de Paris),
Sylvain Raifaud (adjoint au maire du Xe),
Danielle Simonnet (élue du XXe, conseillère de Paris), Anne Souyris (élue du Xe, conseillère de Paris),
Eric Thébault (adjoint au maire du XIXe), Dominique Tourte (élu du Xe), Hugo Touzet (élu du XVIIIe),
Léa Vasa (adjointe au maire du Xe), Catherine Vieu-Charrier (adjointe au maire de Paris, chargée de la mémoire et monde combattant).


- Madame la Ministre de la Justice,

Monsieur le Ministre du Travail,

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Madame la Ministre des affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes,

Monsieur le Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique,

Monsieur le Défenseur des Droits,

Victimes d’un « système mafieux » qui, abusant de la particulière vulnérabilité de ressortissants étrangers sans-papiers, organise une véritable traite des êtres humains en plein cœur de Paris, dans le pays qui se proclame la patrie des droits de l’homme, les 18 salarié-e-s du 57 Bd Strasbourg sont désormais en lutte depuis le 22 mai 2014, soit depuis plus de 6 mois.

Au péril de leur sécurité - certain-e-s ayant fait l’objet de menaces de mort tout comme les militants qui les soutiennent - ils et elles ont osé briser l’omerta existant dans les boutiques de coiffure et manucure du quartier « Château d’eau » en dénonçant leur sort.

C’est en leurs noms que nous vous écrivons pour qu’à la violence qu’ ils subissent ne s’ajoute pas l’injustice. Car, à ce jour, ils se voient toujours refuser le bénéfice des dispositions de l’article L 316-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui prévoit la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » à l’étranger qui dépose plainte contre une personne qu’il accuse d’avoir commis à son encontre l’infraction visée à l’article 225-4-1 du code pénal.

Sans papiers, sans droits, sans contrat de travail, isolé-e-s, sans-domicile fixes pour la plupart, victimes dans leurs pays d’origine, ils et elles sont pourtant sans conteste victimes de « traite des êtres humains » au sens de l’article 225-4-1 du code pénal, à savoir « le recrutement de personnes en situation de vulnérabilité, à des fins d’exploitation et dans des conditions de travail contraires à la dignité humaine ».

Alors que l’État devrait placer ces personnes sous sa protection pour avoir dénoncé ce système organisé d’exploitation, la Préfecture de Police refuse encore aujourd’hui d’examiner leur situation en vue d’une régularisation en tant que victimes de traite.

Alors que les intérêts de toutes et tous sont mis à mal par ces patrons voyous (perte fiscale, perte de cotisations pour les caisses sociales...), le silence et l’immobilisme du gouvernement est incompréhensible et inacceptable.

Cette attitude qui confine à la complicité passive adresse par ailleurs un bien funeste message aux salarié-e-s qui subissent ce système tout en rassurant les patrons qui en profitent !!! Nous exigeons l’application du droit, c’est-à-dire la protection, à commencer par la régularisation, de ces salarié-e-s et la poursuite des employeurs par les services de l’État.

Les théories inacceptables échafaudées autour d’une « peur de l’appel d’air » qui justifient déjà la « gestion » féroce des flux migratoires vont-elles en outre servir à tolérer au XXIe siècle la traite des êtres humains en plein cœur de la Capitale ?

Le combat exemplaire de ces salarié-e-s c’est celui de tous les travailleurs : Celui du respect du Droit du travail pour chacun des salarié-e-s de ce pays !

Le patronat à travers ce système de traite place le principe de dumping social à un niveau inégalé en France.

Alors même que l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’Homme assure un droit de travail décent pour tous, comment vous, ministres en exercice, pourriez-vous accepter une telle atteinte aux principes fondateurs de notre République ?

Un État de droit se doit de protéger toutes celles et tous ceux qui travaillent sur son territoire !

Nous attendons de vous que vous mettiez un terme à cette situation qui n’est plus tolérable et que les droits de ces victimes soient enfin respectés. Paris, le 18 décembre 2014

Premiers signataires :

ACORT, ATMF, CGT Police Paris, CGT Préfecture de Police de Paris, Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme, Droits Devant !!, Ensemble !, FASTI, Fédération de Paris du PCF, FSU 75, GISTI, La CIMADE IDF, LDH, MRAP, NPA, ONG Tunisia Woman, PCF 10e, PG 10e, PCF, PG, PG Paris, Parti Socialiste de Gauche, RAJFIRE, Réseau Chrétien Immigrés, RESF, SUD Commerce IDF, Syndicat de la Magistrature, Syndicats de l’inspection du travail (CGT Travail–Emploi Paris, SNTEFP-CGT, SNUTEFE-FSU, SUD Travail), Union Locale CGT du 10e, Union Départementale CGT Paris, Union Syndicale Solidaires, Union Syndicale CGT Commerce Paris, Union Syndicale de la Psychiatrie

18 décembre 2014


La vidéo sur youtube


Le site du collectif des cinéastes pour les sans papiers



Voir en ligne : Les coiffeuses de Château-d’eau